REPONSE !

Réponse pour Anne !

….Suite à son commentaire pour ‘l’abandon des classes moyennes’ …

Les restos du cœur !

Premier principe : Pour être aidé, il faut en faire la démarche.

Je vais donc parler de ce que je connais bien : les restos du cœur.

Il n’y a que des bénévoles qui se démènent comme ils peuvent en donnant de leur temps, loisirs et vie familiale, en faisant don de leurs déplacements et de leur travail, car je peux te l’assurer c’est un travail contraignant et souvent sans considération car certains pensent que nous somme des employés salariés par je ne sais quelle organisation humanitaire et que nous leur devons cette aide.

Je dois signaler comme second principe que nous ne sommes pas des poubelles comme le pensent certains qui, au lieu d’aller à la décharge, viennent nous faire des ‘dons’ dépotoirs. Des plats, des assiettes, des casseroles non lavés, des vêtements sales et déchirés, des meubles cassés sans doute refusés par Emmaüs, des jouets incomplets, et en nous prenant pour une entreprise de déménagement gratuite on nous apporte toutes sortes d’objets hétéroclites dont personne ne veut et dont pour certains, nous-nous sentirions honteux de les proposer à des bénéficiaires qui ne sont pas des chiens.

Si certains pouvaient voir les cochonneries amoncelées devant notre portail le lundi matin, ils pourraient même comprendre le certain découragement qui nous envahit…. et lorsque nous refusons certains meubles parce que nous n’avons pas de place ou parce qu’ils sont tout juste bons à être brulés, nous-nous faisons traiter de feignants et de glandeurs….et enfin, de personnes irrespectueuses …c’est tellement facile.

Nous sommes une entreprise dont tous les employés travaillent gratuitement. Lors de la collecte nationale nos journées dépassent souvent les dix heures, nous nous déplaçons pour collecter ce qu’on appelle la ramasse, c’est à dire de la nourriture qui peut encore être distribuée après avoir été triée en fonction des dates de péremption.

Chaque bénéficiaire est contrôlé pour éviter les abus qui peuvent arriver, il y a une sorte de programme pour savoir ce dont il a besoin, en fonction de ce dont nous disposons….

Nous savons également que souvent des personnes dans le besoin, ou âgées, n’osent pas venir aux restos car la honte les habite, pour eux, demander une aide c’est mendier, nous travaillons avec les services sociaux mais nous ne pouvons pas tout faire, même si on nous demande d’en faire toujours plus et pour nous rien n’est gratuit, ni l’essence, ni l’absence de nos occupations familiales escamotées ……

Heureusement nous faisons de belles rencontres, des deux côtés, pour certains nous sommes même devenus des amis et pour quelques bénéficiaires nous sommes un peu entrés dans leur famille car ils viennent surtout pour nous raconter leur vie puisqu’ils sont dans le besoin autant pécuniaire que social.

La solitude est aussi pénible que la faim…..

Le système est surement malade, mais tout le monde est fautif, il ne suffit pas de hurler avec les loups, ni de critiquer ce qu’on ne connait pas, il faut un peu de tolérance pour tous ceux qui tentent de combler les lacunes des agissements égoïstes d’autres qui ne se posent pas de question ou même se disent que ce serait à l’état d’agir …mais nous sommes là sans nous poser de question…

Si les bénévoles n’existaient pas …Cependant il ne faut pas nous demander plus que ce que nous pouvons faire, nous avons aussi une vie et surtout rien ne nous oblige à le faire si ce n’est d’aider les autres !

Une réflexion au sujet de « REPONSE ! »

  1. Je te sens désabusé. Mais je sais ce dont tu parles : l’une de mes sœurs a été bénévole pour les restos du cœur pendant des années. Jusqu’à l’écœurement. L’inconvénient, c’est qu’aujourd’hui, elle n’a plus aucune relation sociale hors de la famille. Résultat : elle se sent seule.

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