ALTRUISME !


 Fausse apparence  et ultime décision !

L’autre jour, c’était un mardi, je me promenais sur l’avenue, il faisait beau, j’avais même envie de chanter, mais je refrénais cette tentation car j’approchais d’une église, c’est vrai, je ne suis pas un fan de jojo et le parvis d’une église, fut-il celui de la Madeleine, n’éveille en moi aucune attirance pour la chansonnette, mais ce qui attira mon attention fut le peu de monde qui en sortait .

Les employés des pompes funèbres devaient être plus nombreux que les spectateurs venus peut-être en curieux, quelques fleurs n’arrivaient même pas à cacher la tristesse de cette caisse en bois foncé qui avait plus l’air d’une poubelle que d’un cercueil. Je cherchais machinalement à reconnaître des membres de cette famille inconnue et même à repérer quelques signes de tristesse sur les visages.

On aurait dit des touristes égarés cherchant leur chemin et obligés de suivre un guide en voiture noire. Alors je pensais en moi-même que cette personne ne devait pas avoir beaucoup d’amis, ou peu de famille et qu’il était triste de finir ainsi sa vie avec si peu d’accompagnateurs pour le dernier covoiturage sur le quai du dernier voyage.

Et puis, en y réfléchissant, je me suis dit que c’était ça la vie.

C’était une personne qui n’avait pas voulu attrister ses amis et qui était partie la dernière.

Le comble de l’altruisme, la philanthropie poussée à son paroxysme.

Tous ses proches étaient partis, il avait dû supporter la tristesse de chacun de ces jours passés sans eux, il avait dû souffrir à chaque départ, assumer les vides, revivre les meilleurs moments passés comme un supplice chaque jour répété.

On dit que le temps efface tout, il n’y a que lui qui le savait.

Rester le dernier pour ne pas laisser de tristes souvenirs aux autres, pour ne pas faire de peine.

Ce ne sont pas toujours les meilleurs qui partent les premiers !

Je ne voulais faire souffrir personne alors, ce jour là, je décidais de mourir le plus tard possible !

 

4 réflexions au sujet de « ALTRUISME ! »

  1. Hou que cela est triste !
    Ton texte m’a remémoré l’inhumation la plus triste que j’ai jamais vue.
    J’étais ado, je me suis trouvée passer à pied dans une commune modeste, a l’époque, de la banlieue parisienne, Nanterre.
    Il y avait un hospice pour indigents, que l’on nommait « les petits vieux de Nanterre », qui abritait de pauvres hères, souvent des clochards malades ou en fin de vie, des cassés de la vie. J’ai dit clochards car le mot SDF n’avait pas encore été inventé..
    Et là, sortant de cet établissement est apparu un corbillard tout noir, sans fleurs, tiré par un cheval, ce qui était devenu très rare déjà à cette époque. Juste derrière marchait un seul homme, sans doute un employé municipal …
    je n’oublierai jamais le chagrin que cela m’a causé, et environ 50 ans après j’y pense souvent.
    Être seul au monde, comme cela doit être angoissant..
    Bon, tu m’as plombé le moral ce matin 😪

    1. Peut être dans ton post, mais pas dans le cas que j’évoque. C’était un condensé de solitude, de misère, de tristesse. Une vie de chien (de pauvre chien !), sans égards, sans tendresse, sans dignité..

  2. Comme dit le poète…
    Nous ne sommes qu’un assemblage hasardeux de matières et le hasard fait que nous retournons dans la bassine des matières…J’espère me faire comprendre étant beaucoup plus initié que le commun des vivants…

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