L’ASSISTANAT  !


Le début de l’assistanat !

Dans une autre vie, lorsque je travaillais dans la restauration, déjà, un signe, je m’occupais aussi du personnel. Dès que l’été montrait le bout de ses parasols, souvent aux vacances de pâques, le classique début de la saison estivale, il fallait engager du personnel pour pouvoir satisfaire un nombre plus important de clients.

C’était encore une période où trouver du travail était chose facile et où les jeunes étaient encore assez vaillants pour envisager de passer leurs vacances autrement qu’à se plaindre d’être trop fatigués ou d’avoir trop chaud, bref, de glander en regardant pousser leur barbe, à compter les poils de leur sexe, ou même à rien foutre comme aujourd’hui où travailler pour un patron est considéré comme de l’exploitation. D’ailleurs, il fallait rapidement se décider pour se faire engager pour la saison car souvent les places étaient déjà réservées d’une année sur l’autre. Je crois que, aujourd’hui, beaucoup de jeune ne pensent qu’à leur gueule, disent que la vie est courte et veulent profiter…enfin, sous entendu….. de l’aide de leurs parents….qui sont leur roue de secours, alors que nous n’avions même pas de voiture……..

Alors le bouche à oreille était plus efficace que les annonces de presse et des jeunes se présentaient chaque jour pour, le plus souvent, vouloir se payer un engin motorisé, enfin, un cyclo.

A neuf heure, ils arrivaient donc en traînant les pieds, les yeux à peine ouverts, tout juste lavés à cette heure matinale et baragouinaient la même litanie révisée à la maison pour me demander si on avait besoin d’aide pour l’été .

Je les avertissais donc des premières difficultés, je testais leur motivation surtout confirmée par leur allure générale, en leur signifiant qu’avant tout il fallait être propre et avoir des cheveux soignés, c’est à dire plus courts. Incompréhensible aujourd’hui où la mode est à la tête rasée, alors que pendant ces années de libération, le cheveux se mettaient à la fashion londonienne des Beatles, et je les engageais pour l’été s’ils étaient d’accord. Leur première demande, outre le montant de la paye était de savoir quel serait leur jour de repos, à cette époque il n’y en avait qu’un, ou même un demi, en pleine saison…autre temps …. autres mœurs.

Le premier jour de travail se passait relativement dans la douleur. Porter une chemise et une veste blanche, une cravate et des chaussettes, le tout rajouté au stress et à la fatigue, n’arrangeait pas les choses de cette entrée dans le monde du travail où le prof était remplacé par le maître d’hôtel et où les récréations n’existaient plus. Cependant ils avaient l’impression de devenir indépendants, presque des hommes, et la carotte du cyclo faisait son effet pour adoucir la fatigue.

Cependant, le premier dimanche…de travail, régulièrement, ces premiers commis arrivaient tranquillement à 10 h …..

_T’as vu l’heure ……on commence à 9 h !

_Oui, mais je suis sorti en boîte cette nuit, je me suis couché à 4 h et j’avais sommeil !

Alors je vais de suite te mettre à l’aise, on n’est plus à l’école, un mot de maman pour dire que le petit est fatigué ne suffit plus, tu fais ce que tu veux de tes nuits, c’est ton problème, mais le mien est que tu sois là à l’heure, sinon je dois faire ton travail, alors il faut te prendre en main si tu veux ton cyclo et comprendre que les règles ont changé ……

Ils venaient de se rendre compte que ce n’était plus un jeu …….

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